Home / Actualités / Kassa : Deux guinéens mis aux arrêts par l’Interpol pour trafic de carapaces de tortues marines

Kassa : Deux guinéens mis aux arrêts par l’Interpol pour trafic de carapaces de tortues marines

Le trafic d’espèces animales intégralement protégées prend de l’ampleur en Guinée. Après la récente arrestation des deux trafiquants d’ivoires, c’est le tour de l’île de Kassa située à 7 km de Conakry de rentrer dans la danse. Grâce au soutien de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique), l’INTERPOL  et les agents du Corps des Conservateurs de la Nature ont mis aux arrêts deux trafiquants de carapaces marines sur l’île de Kassa ce samedi 15 octobre 2016. Moussa Camara et Salifou Kassa Sylla, présumés trafiquants  ont été transféré à Conakry pour être jugé dans les jours à venir.

galfC’est suite à une dénonciation auprès du point focal de la criminalité faunique au Ministère de la Justice par le projet GALF relative à un trafic de tortues marine, dépouilles et trophées fauniques sur l’île de Kassa située à 7 km de Conakry que ce coup de filet de l’INTERPOL et le corps des conservateurs de la nature a été possible.  Les deux présumés trafiquants ont été interpelés le samedi 15 octobre 2016  et étaient en possession de 9 carapaces de tortues marines, espèces intégralement protégées par le code de faune et par la CITES (commerce international sur les espèces de la faune et de flore sauvage  menacées d’extinction).

Malgré les avancées enregistrées ces 5 dernières années par la Guinée grâce au soutien technique et juridique de GALF dans la lutte contre la criminalité faunique, le combat est loin d’être gagné. De nombreux exemples en témoignent cette évidence : la condamnation du commandant Ansoumane Doumbouya, ancien chef de l’organe de gestion CITES Guinée, reconnu coupable du délit de livraison frauduleuse des permis CITES aux trafiquant en dit long. La récente arrestation de deux trafiquants d’ivoires  en est une. Il faut signaler que d’autres condamnations ont eu lieu et les procès sont en cours. Citons par exemple, la dernière peine maximale requise à l’encontre de Pokpa Soropogui par la justice de Paix de Macenta  quand bien même l’exécution de cette décision souffre de graves irrégularités en ce moment.

Selon nos sources, les présumés trafiquants, Moussa Camara et Salifou Kassa Camarasont tombés dans le filet de l’Interpol et celui du corps des conservateurs de la nature le samedi 15 octobre 2016 sur l’ile de Kassa située à 7 km de Conakry. Ils étaient  en flagrant délit de détention, circulation et commercialisation de 9 carapaces de tortues marines, espèces intégralement protégées et menacées d’extinction.

L’article 164  dudit code dispose : « Quiconque détiendra des animaux sauvages sans autorisation, quiconque fera circuler les dépouilles et trophées d’animaux sauvages sans certificat d’origine sera puni d’un emprisonnement de trois à six mois et d’une amande de 40.000 à 90.000 GNF ou de l’une de ces peines ».

A préciser que l’île de Kassa relève de l’OGUIPAR (Office Guinéen des Parcs et Réserves) et elle est une  AMP (Aire Marine Protégée). Selon nos sources, cette île  représente un lieu de ponte des tortues marines, espèces menacées d’extinction. Les deux présumés trafiquants ont été transféré à Conakry pour être entendu devant un juge dans les jours à venir.

Il faut rappeler que le trafic d’espèces est un commerce transnational. Il représente le 4ème crime mondial et représente plus de 20 millions de dollars chaque année. Avec une telle somme illicite, le financement d’activités terroristes par les trafiquants et leur bande à l’échelle internationale n’est pas à négliger.

Affaire à suivre…..

Fatou Kourouma